Historique pas trop sérieux mais un peu quand même...

 

Un beau jour d’été 2016, Saint-Arnould, patron des brasseurs, se leva et dit : « Mes frères, mes sœurs, quittez l’eau, cette vilenie sortie tout droit du cerveau du diable ! » Il dit ; « Mes sœurs, mes frères, quittez l’eau, et buvez de la bière. » (La Genèse, chapitre XII, Verset 7)

C’est au séminaire Jésuite de Lourdes, en dernière année de théologie, que des jeunes larrons eurent alors l’illumination, l’état de grâce, et jurèrent fidélité à leur nouveau Patron.

A force de prières (et de litres descendus), Saint-Arnould en personne descendit de son tabouret de bar tout là-haut et leur apporta la bonne parole. « Mes frères  qu’il leur dit, mes frères, vous allez prêcher ma parole, ma sagesse sur les routes du monde (et surtout Marseille quand même hein), et convertir les pécheurs égarés. Et pour ça, vous brasserez de la bière, à la sueur de votre front, jusqu’à ce que vos mains saignent, que vos muscles s’engourdissent, que vos corps soient meurtris, et là, vous ouvrirez un temple en mon honneur, pour qu’enfin on cesse de boire de l’eau parce que oui quand même c’est péché non mais oh bordel ». Dit-il.

Voilà donc qu’en 2017 naissait le projet le plus audacieux depuis la prise de la Smala d’Abd-El-Kader par le Duc d’Aumale en 1843. ou alors c’est 1515 ? Bref. Le démarrage de La Brasserie Communale. A force de brassage (à la main s’il vous plaît) dans des caves obscures, de nuit passées à étiqueter des bouteilles au célèbre mélange lait-farine (sic), d’élaboration de plus de 50 recettes consignées par nos moines copistes personnels dans un immense grimoire, les premières gorgées pouvaient être avalées. C’était le début de la fin, le doigt dans l’engrenage, la pente fatale qui annonçait la création d’un lieu, l’ouverture d’un bar où on brasserait la bière qu’on y boit à l’intérieur (si si), à vue et tout parce que déjà c’est hyper classe et qu’en plus c’est bon pour le folklore.

Mais alors pourquoi se limiter à faire de la bière ? (nous diriez-vous et vous auriez bien raison). Pourquoi ne pas inviter des brasseries artisanales représentant le savoir-faire local (pas heinek… et Paulan… on vous voit venir), proposer leurs bières à la pression avec une carte qui change régulièrement, organiser des événements pour promouvoir la filière brassicole, et tout et tout ? Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas chercher à proposer des produits qui au maximum sont issus de l’Artisanat, des circuits courts, bref les produits qu’on aime ? Voilà donc le point d’ancrage du projet, en gros proposer des bons produits à pas trop cher.

La Communale se pare ensuite d’une cuisine, une vraie, avec un chef cuistot, où tu peux manger copieusement le midi ou grignoter le soir ça c’est toi qui vois nous on juge pas. Toujours pareil, à base de produits locaux, de saison, le plus Bio possible…

Enfin, qui veut un lieu de vie doit la faire bouger, cette vie. La Communale est ouverte à la création et la diffusion d’événements culturels en tout vrac,  de la musique aux arts plastiques, en passant par les arts vivants, sous forme de concerts-expositions-résidences-spectacles…. Le tout selon l’humeur et les fruits de saison. Le but étant d’être un terreau ou les initiatives fleurissent (pompeux mais vrai). Vous vous en doutez, tout ça n’a pas été un long fleuve tranquille. Un an de travaux (toujours pas achevés), des ouvertures ponctuelles pour financer le chantier (merci à tous ceux qui ont levé le coude du coup…), et un projet dont la teneur réelle s’est construite au fur et à mesure, grâce aussi à votre présence et à vos conseils, à vous. C’est en cela que le nom est important et prend tout son sens, « communale » comme un espace de rencontre, d’échanges et de création ensemble, histoire de mettre le lieu et non seulement quelques personnes au centre.

Bilan des courses, après de longs mois de chantier, l’équipe a grandi et dépasse maintenant la dizaine de personnes, la brasserie est presque bientôt en état de marche, la cuisine démarre à la rentrée de septembre, la musique retentit et la bière coule à flots ! Et Saint-Arnould de regarder du haut de son délirium tremens, l’œil humide, ce « joyeux bordel » (c’est pas nous qui le disons) en vous invitant, évidemment, à vous faire votre idée et à participer à l’aventure...